Les couleurs de l'argile

Pourquoi ce blog ?


Simplement parce que j'aime la céramique. 

Elle puise dans la terre son limon, son énergie et l'eau qui la rend souple. Elle prend vie dans les mains du potier aux doigts agiles, à l'imagination fertile. Puis le feu la transforme, lui donnant son visage d'éternité. L'argile est offerte à la main du potier. Ainsi que le vent et le soleil, l'eau et le feu, les oxydes et les cendres. Au potier d'allier ces ingrédients, les uns qu'il maîtrise s'il a été bon apprenti, les autres dont il convoque les augures, car ses mains ont des limites.



De la carrière boueuse à la sortie du four à peine refroidi - le mystère de ce qui s'est passé dans la fournaise est grand, et l'artiste impatient de voir enfin l'oeuvre du feu - l'art du potier est dans la maîtrise de chaque étape du processus, et en même temps dans l'aveu de la dépossession, l'humilité devant la pièce cuite. C'est l'adaptation patiente aux contraintes des matériaux, et l'effort toujours renouvelé pour les amener aux limites de leurs possibilités, pour que l'imaginé prenne corps, quelque part entre le désir et la surprise.

De la terre, de l'eau, du feu, certes. Mais surtout le génie de l'être humain, qui depuis la nuit des temps a tiré de la glaise l'utile et le beau, l'essentiel et l'harmonie. 


Merci à tous les potiers, les artistes, les artisans, à tous ceux qui pétrissent la boue d'une fondrière pour en extraire la forme et la couleur, l'oeuvre.

Si ce blog vous intéresse, c'est à eux que je le dois.

Jean-Pierre Gardelle



Gladding McBean Pottery Factory, 1935

Gladding McBean Pottery Factory, 1935 Barse Miller